Annie Ernaux, Nobel de géographie | Manouk Borzakian, Géographies en mouvement, Nov. 2022

Le 10 décembre, Annie Ernaux prononcera son discours devant l’académie Nobel. Depuis 1974, l’auteure française explore les fractures de la société à l’aune de sa propre trajectoire atypique.

La critique a beaucoup souligné la dimension sociologique de son œuvre, moins la manière dont elle met en lumière les ressorts spatiaux des stratifications sociales.

D’autres mots récurrents, « milieu », « place », « lieu », « territoire », rappellent combien les découpages entre classes, genres et races se matérialisent dans des limites spatiales à toutes les échelles, qui participent en retour à les structurer. Si les écrits d’Ernaux « transpirent la sociologie », comme le dit l’écrivain Nicolas Mathieu dans un récent hommage, le champ lexical spatial transpire aussi la relégation et la ségrégation.

C’est à peu près ce que le géographe Armand Frémont a appelé l’« espace vécu » : une portion d’espace à mi-chemin entre le quotidien et des ailleurs inconnus, chargée de symboles et de repères, et faisant l’objet d’une identification et d’une appropriation par l’individu et le groupe. L’expérience décrite par Ernaux rappelle combien ces limites régionales relèvent de la contrainte, variable selon la classe sociale.

— À lire sur geographiesenmouvement.com/2022/11/10/annie-ernaux-nobel-de-geographie/

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